Comment l’Université nous forme aux métiers de demain?

Par Anne Elkaïm.

Conversation avec Claude Cardinal, Directeur Centre de Formation en TI – Université de Sherbrooke

 

  • Parlez-moi de vous Claude Cardinal

Je suis diplômé en informatique et en éducation à l’Université de Sherbrooke et dernièrement en administration publique de l’ENAP. Depuis 2006, je suis à la direction du centre de formation en TI (CeFTI) de l’Université de Sherbrooke au Campus de Longueuil. Mes 20 années d’expérience, m’ont permis d’orienter ma carrière vers l’éducation tant dans le secteur privé sur mesure qu’au niveau collégial et universitaire.

 

  • L’Université sait-elle être innovante ?

Oui car c’est essentiel pour notre survie. On est dans un perpétuel changement.

Pendant longtemps l’université a été à sens unique, du Top down. L’université proposait des formations et les étudiants suivaient. Maintenant c’est une collaboration entre les besoins du marché, les entreprises et les universités. En effet, Il a fallu s’adapter à la réalité du marché et changer la mécanique du système de formation pour être en adéquation avec les besoins d’expertises à venir. Ce qui signifie anticiper les ressources futures nécessaires et ramener ça dans des formations. Le processus peut être long dans les universités pour intégrer de nouvelles formations car il faut imaginer ce nouveau cours, le valider, trouver le professeur et le mettre en place. Il y a quelques années nous avons, par exemple, compris que le Big Data serait incontournable, on sentait que le besoin était là d’avoir une formation et nous l’avons créée. On extrapole le présent vers le futur ou le futur sur le présent est on essaie de viser juste. Souvent ça marche, mais parfois aussi on manque notre cible.

 

  • Comment faites-vous pour trouver l’enseignant d’un métier en pleine mutation ?

Toute la problématique est là, trouver celui ou celle qui sera capable d’enseigner le métier de demain. On va chercher la personne sur le terrain directement. On provoque des rencontres avec des dirigeants d’entreprises qui sont dans la transformation digitale ou qui accompagnent les entreprises dans leurs transformations. C’est d’ailleurs dans ce cadre-là que j’ai rencontré Julien Trassard, votre CEO chez Linkbynet, pour échanger avec des experts dont c’est le métier. De nos jours tout fonctionne à travers des collaborations, pour nous c’est entre les entreprises et l’université, un mélange entre l’expertise et la transmission du savoir. D’ailleurs cela se reflète dans nos enseignants car actuellement au CeFTI il y a 23 chargés de cours pour un seul professeur qui fait de la recherche scientifique. Tout évolue, c’est un perpétuel changement et nous sommes là pour accompagner nos étudiants et pour cela il faut savoir être innovant…

 

  • Même votre bâtiment est innovateur…

Oui nous sommes très fiers de notre Campus de Longueuil de l’Université de Sherbrooke. L’édifice a d’ailleurs décroché le prestigieux trophée Léonard. L’édifice de 16 étages a déjà remporté un prix d’excellence de la revue Canadian Architect pour son architecture et ses aménagements audacieux.  Ce lieu encourage la convivialité et la vie communautaire, et ce, dans une optique de développement durable exemplaire. En effet le bâtiment est pratiquement autonome côté énergie, on fait de la géothermie. On récupère la chaleur de certaines pièces pour la transférer sur d’autres pièces, les pièces sont ventilées automatiquement, il y a même le contrôle d’oxygène dans les salles. Les étages sont contrôlés par un système automatisé. On fait du compost et du recyclage, on a une oasis, un petit potager réservé aux employés, des branchements électriques pour les voitures et une vélo station. Nous sommes très fiers, c’est un beau bâtiment où travailler.